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MON NOUVEAU DEFI 2018: un chemin sauvage Français

Après ma merveilleuse expérience de vie sauvage en 2017 aux Etats-Unis je vous expose mon second défi 2018.

Celui-ci ne nécessitera pas de ma part de poser un nouveau congé sabbatique, de toute façon je n’y ai pas droit, mais un engagement sur le territoire Français au long court.

Tout d’abord, voici l’article paru dans le journal Ouest-France du 11 septembre 2018: celui-ci va vous donner une vision générale de mon prochain défi

 

L’an dernier, la Briochine Sophie Chanvril a marché 3 475 kilomètres dans la nature, aux États-Unis. Elle en est revenue avec un rêve de chemin sauvage. Elle en parlera ce mardi à la foire-expo de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor).

Secrétaire médicale d’un service oncologie, Sophie Chanvril aime les défis. En 2017, à 48 ans, elle s’est lancée seule sur le Pacific Crest Trail, sentier qui traverse du nord au sud les Etats-Unis. 

Elle rêve désormais d’ouvrir un chemin sauvage qui traverserait la France. Elle explique son projet.

Vous avez marché plus de 3 400 kilomètres sur le Pacific Crest Trail (PCT), aux États-Unis. Et vécu une expérience de vie sauvage de cinq mois, après laquelle vous avez un rêve…

J’espère que ce n’est pas une utopie, mais j’aimerais ouvrir un chemin de randonnée sauvage en France. En marchant sur le PCT, l’an dernier, je me disais que je vivais un truc exceptionnel, et que ce serait bien que d’autres personnes puissent le vivre. ll y a des tas de gens qui ne voyagent pas pour plein de raisons : peur de l’avion, problèmes financiers, etc. Ils pourraient vivre quelque chose de beau avec ce genre de chemin. Alors effectivement, les États-Unis c’est grand, il y a beaucoup d’espaces sauvages. La France est beaucoup plus petite ; mais en partant d’une carte de l’hyper-ruralité, on se rend compte qu’il y a en fait plein d’espaces inhabités. Je me suis souvenu d’avoir lu le livre de Sylvain Tesson, Sur les chemins noirs, dans lequel il raconte son périple sur des chemins sauvages de France.

Qu’entendez-vous par chemin sauvage ?

Un sentier de randonnée le plus loin possible de la civilisation, qui traverserait la France. Un chemin qu’on doit faire en autonomie : qu’on puisse être capable par exemple de traverser les Cévennes, avec cinq ou six jours de nourriture sur le dos, sans avoir besoin de trouver de ravitaillement. Je ne pense pas être la seule à aimer ce genre de voyage, il y a un public pour ça. Moi, toute seule, je ne peux rien, mais en créant une association, en faisant connaître le projet…

« Sophie CHANVRIL a vécu une expérience de vie sauvage pendant plus de 5 mois ».

 

Vous ne craignez pas qu’en identifiant un tel chemin, il perde justement de son côté sauvage ?

Aux États-Unis, il y a de plus en plus de monde sur le sentier, notamment depuis la sortie du film « Wild ». Du coup, ils commencent à réguler, comme on régule le Mont Blanc. Mais je n’ai pas pensé à cela dans un premier temps, j’ai pensé au contraire que cela peut relancer une petite économie parallèle. Au bout d’un moment, il faut bien sortir du chemin pour rejoindre des petits villages et trouver de la nourriture. Pourquoi ne pas faire revivre des petits commerces qui se meurent, dans ces villages loin des grands axes de communication. Après, effectivement, il faut que les gens aient le respect de la nature…

« La Briochine Sophie CHANVRIL a marché 3475 km dans la nature, aux Etats-Unis ».

 

Vous avez déjà identifié des trajets possibles ?

J’ai imprimé des cartes de l’hyper ruralité, identifié des secteurs. Ce sont des chemins qui existent, il faut juste s’assurer qu’ils sont praticables, qu’ils ne sont pas fermés, rencontrer les maires des communes, répertorier les points d’eau, etc. Il y a tout ce travail à faire. On pourrait passer par moment sur les GR (NDLR : chemins de grande randonnée). Je lance l’idée, je cherche maintenant du monde pour adhérer au projet. La première étape est de créer une association.

Qu’est-ce que vous aimez dans la marche, seule ?

C’est une petite parenthèse enchantée, une petite bulle. Le monde médical est parfois difficile, ça me permet de souffler. Cela m’offre aussi du repos face à la complexité du monde. Je suis une femme moderne, mais ce monde moderne me fatigue. Sur ces sentiers, je cherche le silence. J’aime aussi me lancer des défis : au départ, le PCT, c’était un défi sportif, je me suis dit ensuite que c’était l’occasion d’être une ambassadrice de la Ligue contre le cancer.

« Je suis une femme moderne, mais ce monde moderne me fatigue ».

 

 

COMMENT EST NÉE L’IDÉE D’UN CHEMIN SAUVAGE FRANÇAIS?

C’est dans l’Etat de l’Oregon que l’idée a germé. Elle ne m’a plus quittée depuis. Je vivais quelque chose d’intense, sauvage et tranquille, avec la conscience d’avoir de la chance d’être là. Je me disais alors que ce serait merveilleux si une telle aventure était possible en France. Le pays est petit certes, mais si beau, varié et si sauvage par endroits. Je me suis souvenu avoir lu un livre de Sylvain Tesson « Sur les chemins noirs » et m’être dit: « En partant d’une carte de l’hyper-ruralité comme l’auteur, il serait possible d’ouvrir ou ré-ouvrir des chemins noirs et donner ainsi la possibilité de vivre une expérience de vie sauvage en France aussi. Ce chemin fonctionnerait sur le même principe que le PCT c’est-à-dire, en autonomie alimentaire, en ravitaillement en eau dans les lacs et les rivières, en bivouacs sauvages. Cela serait possible en organisant des ravitaillements alimentaires dans les petits commerces des villages Français.

Vous l’aurez compris, un chemin sauvage le plus éloigné possible des grandes villes.

J’ai beaucoup pensé au circuit et à la meilleure façon de le faire en totalité sur 5 mois environ dans une période propice à la randonnée c’est-à-dire de mars/avril à septembre/octobre.

Dans les prochains articles je vais au fur et à mesure de mes recherches détailler le circuit possible.

Tout reste à faire.

J’ai besoin de vous car seule je ne peux rien faire.

L’idée est donc dans un premier temps de créer une Association pour fédérer du monde dans beaucoup de départements Français (ceux traversés par le potentiel circuit), pour dans un second temps organiser des investigations sur le terrain.

1er temps, créer l’Association: 

  • réunion avec quelques acteurs locaux (il faut bien un point de départ géographique)
  • mettre en commun nos idées
  • brainstorming
  • trouver un nom d’association
  • trouver des bénévoles pour créer un bureau
  • faire les démarches
  • créer l’association « non officielle » peut-être dans un premier temps pour ne pas avoir de frais d’inscription

 

2ème temps, agir:

  • vérifier que les chemins sur le papier existent encore et sont libres d’accès
  • si non, s’adresser aux autorités compétentes pour voir si l’ouverture est possible
  • débroussailler les chemins, aménager si nécessaire des passages au-dessus des rivières par exemple
  • répertorier les points de ravitaillement en eau
  • répertorier les aires de bivouacs possibles et autorisées
  • dans un même temps, répertorier les campings proches du tracé qui pourraient accueillir les marcheurs pour une option « confort »
  • répertorier les gîtes ou autres types d’hébergements possibles proches du tracés qui pourraient accueillir les marcheurs pour une option « confort+++ »
  • débroussailler les petites aires de bivouacs si possible proche d’un point d’eau
  •  jalonner le tracé
  • calculer les kilométrages pour vérifier que le chemin soit possible à réaliser dans un laps de temps de 5/6 mois
  • répertorier les villages où le ravitaillement en petit matériel et en alimentaire soit possible
  • déterminer un point de départ et un point d’arrivée officiels

En bonus:

  • répertorier les sites patrimoniaux proches du circuit (sites archéologiques, églises, calvaires, châteaux,…) pour donner une dimension culturelle et historique au circuit

Ceci est un premier jet et n’est pas exhaustif.

Comme vous pouvez le voir, j’ai besoin de vous. J’ai besoin de bras, d’acteurs sur tous les terrains, j’ai besoin de randonneurs ayant la même philosophie de voyage pour m’assister dans ce beau projet de vie sauvage.

Ce projet est viable car je le sais, il y a un public pour ce type de voyage autonome sauvage.

Nous pouvons être à la tête d’une démarche nouvelle en France dont nous ne verrons peut-être pas l’aboutissement, car le travail sera long, mais quelle fierté ce serait d’y avoir contribuer!!!! N’est-ce pas?

 

Voici pour vous aider à comprendre mon projet une carte de l’hyper-ruralité en France: les régions vertes sont celles qui nous intéressent (saur la Corse):