La Naissance du Projet

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. 2014 : naissance du projet :

C’est en 2014 que le PCT entre dans mon imaginaire de voyageuse. J’en rêve. Il s’agit d’un rêve d’indépendance pour échapper à tous les ordres sociaux, s’échapper du monde, comprendre les limites de mon univers.

Ce chemin long me passionne depuis pas mal de mois. Je commence à naviguer sur le Net et m’imprègne de l’ambiance du PCT. J’étudie la carte de près. Quand la carte n’est pas sur le mur de mon salon (je la regarde tous les jours comme le Saint Graal convoité), je la promène partout où je peux présenter mon projet.

Puis vient la lecture du livre « wild » de Cheryl STRAYED, ce parcours qui pour elle se fait rédemption. Elle fera une partie du PCT soit 1700 km.

En janvier 2015 le film « Wild » me conforte dans l’idée de parcourir ce chemin mythique.

Le déclic est devenu manifeste. Je suis comme un cheval fou au départ d’une course, on ne me retient plus, le projet est né, il me faut partir coûte que coûte.

A la question « qu’avez-vous fait de fou au cours de votre vie » j’aimerais rajouter « le PCT ».

. Pourquoi ?

1ère raison de mon départ: dans un contexte social, politique et écologique dégradé, je veux que ce voyage soit une alternative à la vie insouciante, consumériste et égocentrique qui est l’aboutissement du système néolibéral. Je veux voir de mes propres yeux comment on vit ailleurs, pour comprendre comment marche le monde (je ne suis pas une voyageuse immobile). L’important dans ce type de voyage c’est ce qu’on va chercher et ce qu’on apporte: la quête et le partage en agissant, en étant acteur de son voyageur et non seulement spectateur.

Seconde raison: J’aime frotter mes préjugés à l’expérience de la rencontre.

3ème raison: je veux vivre mes rêves plutôt que de rêver ma vie.

4ème raison: au cours de ce périple, je construis mon voyage de A à Z. Cela participe à un désir d’autonomie. Je cherche à être maître à bord, je veux retrouver le plaisir fondamental d’être maître de mon temps et de mon espace.

Après ces 4 raisons évoquées je tiens toutefois à souligner que ma plus grande motivation est de donner à ce voyage une dimension solidaire afin de marcher « utile » et sensibiliser mon entourage à la Ligue Contre le Cancer.

 

. Comment passer du rêve à la réalité ? Et comment vaincre sa peur ?

Je me laisse du temps pour arriver à mettre sur pieds ce projet.

2 ans devraient suffirent à la réalisation de celui-ci. Dans ce délai il me faut tout anticiper : le budget ou coût total du périple (investissement du matériel, billet d’avion, congé sabbatique, logistique,…), les démarches administratives, les préparatifs, le voyage lui-même mais mon retour aussi je dois l’anticiper. Ah oui, 2 ans ce n’est pas de trop pour me remettre à l’Anglais… j’ai du travail.

Dans ce laps de temps je dois aussi vaincre ma plus grande peur… on parlera ici de phobie… les SSSSSSSSerpentS!!!!! SSSSSi SSSSi je vous aSSSSSure, j’ai très très peur. MAIS: Le courage croît en osant et la peur en hésitant! ALORS pas d’hésitation…. Je commence déjà mon travail sur moi même: quand je baroude en marchant ou en courant dans les chemins, j’en viens à souhaiter croiser un SSSSSSSerpent pour le défier… enfin… presque.

 

. Principe

Je choisis la sobriété dans mon mode de voyage. Avec une bonne paire de chaussures (en fait il m’en faut 6, une paire par mois) et tout mon nécessaire dans un sac à dos de 60 litres, je peux parcourir le PCT en toute autonomie, avancer à mon rythme, et être livrée à la nature, sans lui porter préjudice.

 

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Côté alimentation: j’ai prévu d’arriver une semaine voire 10 jours avant mon départ effectif sur le chemin afin d’organiser mon auto-ravitaillement alimentaire. Je ne peux en effet porter 6 mois de nourriture sur le dos alors je m’envoie des colis à des endroits stratégiques du chemin et récupère au fur et à mesure que j’avance mes sachets repas… hum miam miam… des lyophilisés… hum.

Le trek aventure est vraiment un tourisme que j’aime car totalement émancipé, autogéré, un tourisme qui se détache des rites collectifs.

« La marche en solitaire c’est la recherche de l’essentiel, c’est la simplicité pour se reposer de la complexité. La marche n’est pas une sclérose mais une oxygénation. La marche ouvre tous les coeurs, toutes les portes. Le marcheur pense qu’aller vers l’autre est toujours plus constructif que le fuir. Le marcheur aime ses semblables et est aimé car il arrive pur et léger, démuni et décapé par la piste. On ne peut rien lui prendre, il est déjà dépouillé. Il offre un miroir à l’hospitalité. Il rend bon. »  Alexandre POUSSIN dans « Marche avant »

Dès aujourd’hui je construis mon projet de voyage au long cours, sur mesure, pour en faire une expérience de vie.