LA PETITE CHAUSSURE VOYAGEUSE: partie 5 – Un petit tour en Oregon et hop en Californie du Nord

MERCREDI 21 JUIN: c’est l’été!

La High Sierra ne se gagne pas par le sens Sud-Nord, nous essayons donc par le sens Nord-Sud.

Nous partons du mile 1707 jusqu’au mile 1692.5.

Mount Shasta
Nous voyons très bien la neige, celle-ci nous ennuiera de nombreuses fois car en forêt nous perdons souvent la trace et perdons du temps.

 

JEUDI 22 JUIN: du mile 1692.5 au mile 1673.7

Après une journée de marche en Oregon nous voilà de retour en Californie mais Californie du Nord.

Aujourd’hui nous évoluons plus facilement que hier car rencontrons moins de neige.

Ce jour nous voyons de nombreux cervidés: chevreuils, biches

Panneau nous indiquant que nous sommes de retour en Californie
La pierre dans cette region est différente, c’est du schiste

 

VENDREDI 23 JUIN: du mile 1673.7 au mile 1653.4

La flore est merveilleuse, nous marchons au milieu de fraisiers en fleurs, orchidées, iris, cassis fleurs, ceanotes, sapins, tuyas…

Ce soir nous dormirons au Campground de la petite ville de Seiad Valley. C’est la première ville située sur le PCT, pas besoin de faire de l’autostop.

Je ne connais pas ces fleurs mais il y en a beaucoup
petits iris
Roc Tre Vezel dans les Monts d’Arree? Non Californie du Nord
Terre et roches ocres, nos semelles changent de couleur
Je pense qu’il s’agit d’orchidées? Pas sûre

Tous les jours je puise et filtre entre 5 et 6 litres d’eau voire plus
Cette photo vous permets de voir la hauteur de neige par endroits, c’est plus haut que moi. Par endroits la neige accumulée peut atteindre 6 m voire plus
Alternance de sol sec et sol enneigé

 

 

SAMEDI 24 JUIN: du mile1653.4 au mile 1632

OURS BRUN!

110 degrés Fareinheit annoncé aujourd’hui donc nous partons très tôt, surtout que nous avons une journée de grimpe. Nous grimperons 11h. Heureusement les nombreuses forêts du coin nous offrent l’ombre tant appréciée.

Nous voyons un majestueux chevreuil et un écureuil fuyard. Le chevreuil en revanche, lève le nez de l’herbe mais n’est pas farouche.

Vers 7h du matin j’entends sur ma gauche un bruit de branches cassées. Je regarde donc et devinez ce que je vois: un ours brun adulte. Il est gros mais a peur de nous et s’enfuit. Nous ne sommes pas dans un parc national et l’espèce n’est pas protégée, il a donc appris a se mefier de nous. C’est tant mieux pour nous car nous apprendrons quelques jours plus tard que 2 randonneurs ont perdu la vie attaqués par un ours noir. Nous n’avons pas assez d’informations pour dire qui étaient ces malheureux randonneurs [PCT hikers? autres randonneurs?]

Flore: mûriers aux fruits pas mûrs, lys sauvages. Les seringuas sauvages parfument notre chemin, c’est très agréable.

L’apres midi c’est une biche que nous voyons.

Lys
Seringua
Fraisiers en fleurs. Nous sommes ici trop tôt pour y goûter par contre les animaux vont se régaler dans quelques semaines
La rivière que nous cotoyons toute la matinée est ici facile a traverser car, contrairement à la Hight Sierra, aménagée par des ponts
Les ponts sont bien entretenus
C’est dans cet endroit que j’ai vu l’ours brun

 

DIMANCHE 25 JUIN: du mile 1632 au mile 1614.4

GENOCIDE!

Je n’ai pas fermer l’oeil de la nuit! La raison: l’arceau principal de ma toile de tente [neuve je vous le rappelle puisque achetée il y a 2 mois  à Idyllwild] est cassé. Je ne peux donc plus monter ma tente et suis obligée de faire du cowboy camping. Seulement il y a des milliers d’insectes volants. Des moustiques me pique toute la nuit et des milliers de mouches bourdonnent à mes oreilles. Malgré mes bouchons d’oreilles je les entends. Je commets donc un véritable génocide à l’encontre des moustiques! Horrible nuit blanche.

Courage. Encore un dodo cowboy camping et je serai en ville.

C’est donc fatiguée que j’entame la journée.

Cette journée est malgré tout très plaisante au niveau du paysage, j’ai envie de dire comme d’habitude, mais éprouvante pour mes muscles fatigués à cause du manque de sommeil. La neige, toujours présente ne m’aide pas et pour couronner le tout nous subissons un orage dans l’après-midi. Aux premières gouttes de pluie, Gérard monte son double toit de tente pour nous abriter [je vous rappelle que je ne peux plus monter ma tente]. L’orage dure 1h. Nous repartons sous une température plus fraîche et grimpons jusqu’à  un col qui nous dirige ensuite sur une partie très pentue et enneigée. Je suis lasse et n’ai pas le courage d’aborder cette difficulté ce soir. Vu d’ici, cela me semble insurmontable. Comme le récit de demain vous le montrera, j’avais des raisons d’être inquiéte. Nous dormons donc sur ce col avec une vue magnifique sur le lac que nous verrons de plus près demain. Il y a toujours une menace d’orage, au loin. Les nuages sont bien là, menacants. La nuit il y a des éclairs.

Nous ne sommes pas les seuls a emprunter le PCT
Empreintes de hikers et autres marcheurs, peut-être des cervidés?
Les premiers nuages d’orage arrivent
En plus des nuages, l’orage gronde
Couleurs du soir
Le lac au-dessus duquel j’évoluerai demain

 

LUNDI 26 JUIN: du mile 1614.4 au mile 1614.6 [ceci n’est pas une erreur j’ai marché aujourd’hui quelques mètres seulement]

HELICOPTERE!

Dès le debut je suis inquiète car la neige s’étend sur une longue distance, a peu près 400 mètres, et le cirque dans lequel nous nous engageons est très pentu. C’est comme Forester Pass mais puissance 1000! C’est mon ressenti.

Chaussés de crampons, armés d’un piolet, nous commencons notre marche, en travers, nous marchons droit pour retrouver le col en face découvert de neige. Nous devrions y retrouver le PCT d’après nos cartes. Par contre nos GPS ne nous localisent pas. Nous apprendrons plus tard que lorsqu’un endroit est cerné par des montagnes, celui-ci a du mal a faire la triangulation nécessaire avec les satellites.

Cela fait 1h que nous avancons en creusant des marches pour bien assurer nos pieds lorsque soudain mon pied gauche se dérobe et je chute. C’est la glissade, celle que je craignais. Je n’ai pas eue le temps de planter mon piolet donc je le perd. Au fur et à mesure de la chute je prends de la vitesse. Cela a été si vite que Gérard ne m’a même pas vue tomber, il m’a juste entendue crier. Je ferme les yeux tant j’ai peur. C’est 2 arbres qui finiront finalement par me stopper.

Gérard m’appelle pour savoir si tout va bien. Je lui crie  »Je suis là plus bas, rien de cassé », cela le rassure. Il entreprends alors de me rejoindre, car il m’entends pleurer de peur. C’est alors que lui aussi glisse. Heureusement, il réussi a s’arrêter avec son piolet.

Je tente de reprendre mes esprits et repars sur quelques mètres grace aux encouragements de Gérard. Mais a chaque pas j’ai la peur au ventre. La frayeur s’installe. Mes pas sont de moins en moins sûrs et dès qu’un de mes pieds glisse j’ai de nouveau peur de la chute. En plein milieu du cirque la panique s’installe. Je ne peux plus faire un pas, je suis tétanisée.

L’endroit où je suis alors est un peu plat. Je ne veux plus bouger. Je dis donc a Gérard de continuer sans moi et tente d’appeler le 911, numero d’URGENCE aux USA. Pas de réseau bien sûr. Nous sommes loin de la civilisation.

Gérard qui a alors atteint la crête depourvue de neige me crie  »Ne t’inquiete pas je lance le SOS de ma balise de détresse, les secours vont arriver ».

Nous ne bougeons plus, lui sur la crête au sec, mois sur mes 2 petits mètres plats près d’un enorme pin.

Un avion de reconnaissance arrive au bout de 3h30. Il sillonnne la zone en cercle. Il ne me voit pas malgré mes gestes et le SOS écrit sur la neige. Aussi j’agite ma toile de tente de couleur vert clair. L’avion mettra environ 45 mn avant de me localiser. Il me le signale en actionnant une sirène. Il tourne encore 5 a 10 mn, le temps pour lui d’évaluer la zone où je me trouve afin d’assurer mon secours dans les conditions optimums mais également assurer lasécurité des sauveteurs, et s’éloigne en actionnant de nouveau la sirène pour me signaler que les secours vont arriver.

Vers 15h30 l’hélicoptère arrive enfin. Il lui faut se rapprocher dangeurement de la paroi abrupte et cela complique la tache des sauveuteurs. Le risque d’avalanche est possible car les pales de l’engin peuvent à tout moment faire bouger le manteau neigeux instable. L’homme descendu de l’hélicoptère enfin près de moi, s’assure que tout va bien. J’ai des contusions au bras et a la jambe gauche dues a mon arrêt dans les arbres, mais sans gravité.

L’opération d’hélitreuillage durera 20 mn.

Ils se dirigent ensuite vers Gérard pour voir si tout va bien. Ils lui propose, apres m’avoir déposée a l’aéroport d’Etna, de venir le chercher lui aussi. Il accepte.

A l’aéroport j’ai un comité d’accueil: le shérif et une ambulance. Une fois l’examen médical passé, le médecin de l’ambulance me demande si je veux aller a l’hôpital, ce que je refuse bien sûr. Je signe donc une décharge. Le shérif quant a lui me demande les circonstances de l’accident et prend bien toutes mes coordonnées, probablement pour m’envoyer la grosse facture plus tard.

1 h après c’est au tour de Gérard  d’arriver sur le tarmac.

Pas besoin d’autostop pour rejoindre la ville d’Etna, un homme de secours nous amène a notre destination.

Que d’émotions! L’histoire se termine bien heureusement.

5h du mat, avant le drame
Je ne me lasse pas de ces couleurs du matin
Vue depuis mes 2 petits mètres de plat sur lequel j’attend les secours
On voit bien la pente raide
Je suis là quelque part

 

 

Gérard arrive sur le tarmac

 

MARDI 27 JUIN: repos a Etna chez des trails angels

Voici la petite hiker hut dans laquelle nous dormons.

MERCREDI 28 JUIN: nous restons à Etna car mon nouveau piolet commande n’arrive que demain

Nous avons eu de la visite cette nuit. C’est un opposum. Pas farouche l’animal, pas agressif. Il a mangé dans la poubelle puis est parti sans payer!

L’opposum vit en Amérique mais uniquement en Californie. Nous avons de la chance de l’avoir vu.

Pour les élèves de l’école Jean Ferat du Sépulcre: il a comme une queue de rat très solide. Cela lui permet de s’accrocher à une branche d’arbre (comme les chauves-souris). J’ai vu des photos de bébés opposums accrochés aux poils du dos de leur maman. C’est super mignon.

 

La maison des trails Angels qui nous accueillent
Dans le magnifique jardin l’emplacement pour les hikers qui préfèrent camper
Bassin dans le jardin

 

JEUDI 29 JUIN: en attente de mon nouveau piolet…… arghrrr!!!!!! J’enrage de devoir attendre.

J’espere qu’il va arriver ce matin.

Suite a mon accident je dois acheter une balise de detresse mais a Etna il n’y a pas de magasin de sport. Je dois donc partir dans un 1er temps sans et en acheter une au prochain arret a Dunsmuir ou Mount Shasta.

À midi mon piolet est livré hop go on The PCT!

Lion heart, bénévole chez Hiker Hut à Etna nous monte au sommet, point de départ pour le chemin.

Il est 14h30 lorsque nous partons.

Nous avons connaissance de 3 endroits dans lesquels nous trouverons de la neige, dont un dès le début. Aussi nous prenons une alternate en direction d’un lac et après une raide mais courte montée nous retrouvons avec joie notre chemin.

Miles du Jour: du mile 1597.2 au mile 1588.3

 

Bivouac sous les grands pins. Ceci est la vue lorsque je suis couchée, à travers ma moustiquaire (trop chaud pour monter mon double tout)

 

VENDREDI 30 JUIN: du mile 1588.3 au mile 1566.3

Comme d’habitude le chemin me ravie.

Mon inconfort du Jour vient du poids du sac (6j d’autonomie alimentaire) et pour la 1ère fois je ressens une forte fatigue musculaire. Mon dos et mes épaules sont douloureux. Je ressens des brûlures aux genoux. Ce soir, antalgiques obligatoires pour la 1ère fois.

Aujourd’hui j’ai encore une fois photographier de merveilleuses fleurs sauvages.

Le chemin évolue par endroits parmi de gros rocs rouges orangés.

On voit très bien, sur l’autre versant, le chemin
J’aime ces troncs couverts de mousse verte. Couleur: vert presque fluorescent
Aidez-moi à identifier l’animal qui marche aussi sur le PCT. Non un canidé. Peut être un puma? Un lynx?
Puma? Lynx?
Dans cette région beaucoup de lacs

 

SAMEDI 1er JUILLET: du mile 1566.3 au mile 1543.3.

La journée se passe sans problème avec de nombreux up and down mais sans raidillons. Mes muscles aujourd’hui ne souffrent pas.

Nous voyons de nombreux cervidés. Je photographie de nouvelles traces de pattes d’animal non identifié.

Par endroits je remarque des excréments assez gros, de couleur noire (je vous épargne les photos). Je pense qu’il s’agit d’ours noir. Il y en a beaucoup ici.

Nous apprenons qu’un rayon laveur a mis en pièces les vêtements d’un randonneur. Peut-être un fan de la mode qui se croyait dans une friperie et cherchait l’affaire du siècle? Ou une fashion victime? Dorénavant je rentrerai mon linge dans ma tente car j’ai peu de vêtements. Il ne s’agirait pas de finir c.. nu.

J’ai des nouvelles de mes amis Tree la Chinoise et Markus le Suisse ou plutôt Pinocchio et Geppetto (trails names): après quelques jours de travail à Santa Rosa en attendant la potentielle fonte des neiges en Sierra Nevada (travail non rémunéré: hébergement et nourriture contre un travail de quelques heures par jour) les voilà de nouveau sur le PCT.

 

Encore un lac. Parfois sur un col nous voyons plusieurs lacs des 2 côtés
Pour les enfants de l’école Jean Ferat: pouvez-vous m’aider à identifier ces empreintes? Merci
Rocs et terre de couleur rouge orangée
Azalées sauvages
C’est petit (3 cm). Grenouille ou crapaud? Qui me donnera la réponse? Allez les enfants, avant les vacances, aidez-moi.😀
Plantes carnivores
Plantes carnivores fleuries

 

DIMANCHE 2 JUILLET: du mile 1543.3 au mile 1531.5

Dès le départ Gérard se plaint de son tibia gauche. En effet, suite à une chute hier, il a un hématome qui appuie sur ses muscles et cela le fait souffrir. Vers 9h30 nous arrivons à un parking où de nombreuses voitures sont stationnées. Gérard décide alors d’arrêter de marcher et trouver quelqu’un qui l’amènera à notre prochaine ville étape: Mount Shasta City. Il me suggère de continuer seule. Dans 2 jours rendez-vous en ville.

Je pars donc en sachant Gérard hors de danger.

La journée m’enchante encore une fois tant la nature est belle.

Par contre il n’y a pas beaucoup d’eau sur un tronçon ce qui m’oblige à sortir du PCT pour trouver un bivouac auprès d’un lac. C’est 1/2 mile à l’écart mais cela vaut la peine. Je dors au bord de Helen Lake en solitaire. L’endroit est paisible. Seuls les nombreux moustiques se font entendre (je me réjouis d’avoir fait réparer l’arceau de ma moustiquaire). À la tombée de la nuit, les batraciens feront eux aussi entendre leurs voix. Bon ben, bouchons d’oreilles obligatoires. Finalement pas si tranquille que ça l’endroit.😟

Sédiments en haut d’un col
Au loin la Sierra Nevada

PCT de terre rouge
Aujourd’hui j’affronte seule une partie enneigée en dévers: je me chausse des crampons et piolet à la main j’y vais. J’ai de l’appréhension mais j’arrive en haut du col sans encombre
Grosses traces de pattes au bord du lac Helen près duquel je dors ce soir. Puma?
Ma vue au moment du coucher
Je suis bien au bord de l’eau… les moustiques aussi… les batraciens aussi

 

LUNDI 3 JUILLET: du mile 1521.5 au mile 1498.7

Aujourd’hui, levée du corps à 5h. C’est tôt mais plusieurs raisons me poussent à rejoindre Mount Shasta City le plus vite possible:

– rejoindre Gérard pour connaître son état de santé

– le prochain point de ravitaillement en eau est à 7.8 miles donc marcher tôt à la fraîche me fera consommer moins d’eau car je n’ai que 2 litres

– arriver en ville avant la fermeture des magasins car le lendemain 4 juillet est un jour férié et ne suis pas sûre de trouver le magasin de sport qu’il me faut pour ravitaillement en matériel divers.

Quel régal cette étape! Bien sûr je souffre de la forte chaleur mais chaque pas me fait découvrir les merveilles de la nature. Après une forte descente sous le soleil (je croise d’autres hikers qui eux montent et souffrent encore plus que moi) c’est à l’ombre que le chemin se termine. Le circuit est bordé de nombreux points d’eau magnifiques.

À 16h, je termine ma marche au mile 1498.7 et pratique l’auto-stop. À peine 10 mn d’attente et hop me voilà en voiture. La conductrice m’amène aux portes de Mount Shasta City.

Veille de jour férié il y a beaucoup de monde, un concert anime un petit marché artisanal.

Demain un défilé en ville est prévu.

Les chaînes de montagnes les unes derrière les autres
PCT en crête
Dentelles
Je m’approche de la montagne dentelée
Casse pattes le chemin mais qu’est-ce que je l’aime!
Sur la berge d’une rivière asséchée petit cairn pour indiquer le passage
Je ne grimpe pas les dentelles. Ouf!
Magie du lieu: en arrivant à un point d’eau, le soleil illumine de merveilleuses plantes
Il fait bon s’y arrêter quelques instants
Endroit très appréciable. Pause déjeuner au frais
La petite chaussure voyageuse se repose sur un tapis de mousse en forêt
Une poule de basse-cour en forêt? Probablement échappée d’un poulailler trop étroit? Serait-ce la poule de Monsieur Séguin?

 

MARDI 4 JUILLET: fête nationale à Mount Shasta City

Ici, à part les administrations, ce n’est pas comme en France, tout est ouvert et animé.

Oh! Un doigt!
Oh! Encore un doigt! 😒

LA PETITE CHAUSSURE VOYAGEUSE: partie 4 CALIFORNIE CENTRALE

MARDI 6 JUIN: de Walker Pass situé au mile 651.3 au mile 672.2

Lever à 3h, départ à 4h encore une fois pour éviter au maximum les grosses chaleurs car, même si nous sommes en Californie Centrale tant que nous n’avons pas atteint Kennedy Meadows nous subissons encore la chaleur du désert 🌵

4h du matin et premières lueurs du jour
Lupins et autre fleur rouge
La petite chaussure voyageuse fait du cowboy camping
Je dors sur un promontoire avec une très belle vue
Voici ce que je vois alors que je suis dans mon duvet.

 

MERCREDI 7 JUIN: du mile 672.2 cowboy camping au mile 693.5

Nuit agitée car je me bat avec les moustiques. Il faut bien un peu de malheurs pour Sophie. Hihihi

Plusieurs fois j’aperçois dans le lointain les lueurs des lampes frontales des marcheurs de nuit. C’est comme les phares des voitures sur une route la nuit tant il y en a mais avec pour seul accompagnement LE SILENCE. C’est toute la magie du PCT qui me secoue les tripes tant c’est beau. Ces lumières sont à plus d’un Jour de distance de mon point de vue.

La nuit, je vois dans le lointain les lueurs des lampes frontales des marcheurs (en zoomant sur la photo c’est visible) et au dessus la lune
5h: lever du jour
Couleurs du matin
Très beau pin. En dessous Gérard mon compagnon de chemin
Pic du Mont Whitney à droite et SN à gauche
Il nous faut descendre tout au fond du canyon pour trouver notre bivouac. 2 h des descente sans ombre aucune. Ce soir nous entendons les coyotes.

 

JEUDI 8 JUIN: du mile 693.5 à Kennedy Meadows au mile 701.6 (PCT) plus un peu de route jusqu’au General Store où je dois récupérer mes 3 colis de ravitaillement.

Jolie formation nuageuse au dessus des montagnes au départ vers 6h. Nous cherchons des yeux des coyotes mais en vain.

 

Et au milieu de la plaine coule une rivière
700ème mile. Inexorablement on avance
Je signe un des nombreux trails registers: ceci permet une certaine traçabilité et j’en profite à chaque fois pour y inscrire l’adresse de mon blog où y laisser un flyer.
200 âmes ici. Pas de moyens de communication, le wifi est insuffisant pour communiquer avec mes proches. Je récupère ma BearCanister (boîte anti ours obligatoire), mon colis contenant l’équipement pour la Hight Sierra (crampons, piolet,…). Nous ne dormons qu’une nuit au camping gratuit car dans ce magasin tout est trop cher.
Un homme de bois joue au Frisbee ?
Une randonneuse de bois

Ce soir avant de m’endormir j’entends encore des coyotes. Ils semblent très proches.

 

VENDREDI 9 JUIN: de KM au mile 702.2 au mile 719.5

Aujourd’hui le sac a été difficile à préparer car la Bear Canister prend du volume. Impossible de le fermer complètement.

Fini le désert. Voici un paysage tout à fait différent: plus hautes montagnes avec de hauts arbres, beaucoup de rivières (fini les problèmes de ravitaillement en eau), beaucoup de rocs. Plus Alpin je dirais.

On va prendre de plus en plus d’altitude et respirer l’air frais.

Début de la journée dans la forêt nationale Sequoias
Petit aperçu des rivières difficiles que nous allons rencontrer: celle ci est infranchissable alors en Hight Sierra ça risque d’être plus compliqué. En fait nous apprendrons à Lone Pine que 3 rivières sont infranchissables (eau jusqu’au cou pour certaines)
Jolie plaine et la SN (Sierra Nevada) au loin
Plaine de sable au bord de la rivière: là aussi La vie
Réponse: des centaines de nids d’hirondelles
Il y a de la vie dans ces nids. Les hirondelles s’activent pour nourrir leurs bébés et en profitent pour consolider leurs nids
petit chipmunk

 

Petit chipmunk
Petit chipmunk assis

Qu’est-ce que j’observe sous ce pont? Réponse sur les 1ères photos du Jour

 

SAMEDI 10 JUIN: du mile 719.5 au mile 738.3

Rencontre avec les premiers névés mais ne chaussons pas les crampons.

Rencontrons un mort
Écritures sur le crâne du mort. Nous ne savons pas de quel animal il s’agit? Si quelqu’un a la réponse merci de me le dire
Feuillage de gentiane?
Nous approchons de la SN
Nuages au fond de la vallée
C’est la montagne sur laquelle nous marchions ce matin
J’aime ces sculptures de bois naturelles que la nature nous offre. Ici il s’agit des racines tortueuses d’un arbre tombé.
La petite chaussure voyageuse regarde la SN
Death Valley
Et pendant ce temps, Tymie ne change pas: farniente sur la terrasse

 

 

DIMANCHE 11 JUIN: du mile 738.5 au mile 747.8 puis la ville de Lone Pine pour infos sur la SN (décision à prendre d’y aller ou pas) puis ravitaillement si nous y allons.

Nous sommes 12 hikers qui attendons en dehors du PCT qu’une bonne âme nous conduisent en ville. Après  3h d’attente (les hikers sont patients) un couple avec un pickup nous rend spontanément ce service. C’est pas moins de 8 hikers qu’il charge dans son véhicule: 2 dedans et 6 dans la benne avec nos gros sacs. Je suis dans la benne et me délecte du paysage même si je prends plein de poussière dans les yeux.🤗

À 6h du matin la lune n’est toujours pas couchée
Plaine de sable en prenant la jonction pour Lone Pine
Dans la benne du pickup je vois la Vallée de la Mort
Depuis la benne du pickup je vois aussi la Sierra Nevada
À Lone Pine la petite chaussure voyageuse se régale de Fajitas
Une bière IPA au super saloon de la ville
Des billets dollars sur tous les murs et même au plafond
Vue d’ensemble du charmant et vieux saloon. Fresque au plafond représentant la SN, des drapeaux sur le mur à droite, des plaques de policiers à un endroit,… mes yeux ne cessent de découvrir des objets insolites. La serveuse est super sympa en plus.
Parmi les nombreux drapeaux au mur regardez ce que je trouve !!!!

 

LUNDI 12 JUIN: allez hop pleins de choses à faire en ville. Nous partons demain dans l’intention de marcher jusqu’à Independence.

Après une nouvelle décision à prendre car c’est après que les difficultés commencent (dangereuses rivières, risque de glissades sur la neige…).

Bon pas sûre de quitter Lone Pine car j’attends un colis au post Office. Pas arrivé aujourd’hui, j’espère demain sinon Gérard pars sur le PCT sans moi. Si pas de colis je suis bloquée ici. Je partirais donc seule en Hight Sierra.

Comme on s’ennuyait en ville nous sommes retournés boire un bière au saloon. Y en a qui jouaient au cowboy.

 

 

MARDI 13 JUIN: de Lone Pine en auto-stop à la jonction Horseshoes qui me permets de rejoindre le PCT au mile 745.3, jusqu’au mile 755.3

L’auto-stop s’avère aisé à la sortie de Lone Pine car nous sommes sur l’unique route qui mène sur les montagnes de la Sierra Nevada. Un piéton se dirige vers nous et nous propose de nous y conduire. « Attendez 5 mn » nous dit-il. 30 mn plus tard il arrive enfin (le Hiker est patient) dans son super véhicule datant… oupfffft… début années 80 nous dira t-il en route.

Notre véhicule
Pare-brise cassé mais on voit très bien les montagnes de la Sierra là où nous allons… à petite vitesse… c’est poussif… le moteur crachote parfois… mais Bill notre chauffeur connaît bien sa voiture et sait que l’on arrivera là-haut sans avoir besoin de pousser
Dans cet endroit, Alabama Hills, ont été tournés de nombreux films: westerns avec John Wayne, Clint Eastwood… Steve Mc Queen, et bien d’autres acteurs, mais aussi des scènes de Star War, MadMax…
J’ai le privilège d’être à côté du chauffeur tandis que mon coéquipier Gérard est assis à l’arrière avec une autre marcheuse qui faisait de l’auto-stop avec nous.
  1. J’ai droit au « siège mouton » près de Bill

 

Bill originaire de Seattle et sa camionnette
Tronc torsadé d’un arbre mort
Trace du PCT: bien souvent nous perdrons la trace en forêt. En-dehors des forêts elle n’est pas effacée donc on se perdra moins… mais on se perdra quand même…
La hauteur de neige dans les hautes vallées est de plusieurs mètres. On le découvrira très vite.

 

MERCREDI 14 JUIN: du mile 755.3 au mile 770.8

56ème jour: JE ME CRAMPONNE

Tout est gelé au réveil: l’eau, la neige… et moi.

En plus de la neige qui ralentit notre progression nous rencontrons une nouvelle difficulté: notre 1er passage de rivière. Le passage doit de faire sur un tronc d’arbre assez large mais celui-ci est incliné ce qui rend la « levée du corps » impossible à cause du poids du sac. Au début donc j’évolue sur ce tronc à califourchon puis à 4 pattes – ne riez pas – et lorsque le tronc est enfin horizontal j’arrive à me redresser et finir dignement cette traversée.

Arrivés sur l’autre rive de majestueux cervidés nous regardent, pas étonnés, pas effrayés (ici c’est un parc national et la chasse est interdite). C’est sans courir qu’ils partent des lieux. Peut être rient-ils encore de ma position inconfortable sur le tronc??? Je préfère ne pas le savoir 😜

Instant magique
Plaine de neige dure à traverser car il y a des creux et des bosses qui nous obligent à lever haut les jambes
La petite chaussure voyageuse à la neige; marcher là-dessus est très difficile
Une idée du courant des rivières dû à la fonte rapide des neiges. Celle-ci nous la traverserons avec la plus grande vigilance. C’est mon compagnon de marche Gérard qui a trouvé le passage. Après s’être encordé il a testé en 1er la profondeur et la force du courant tandis que j’attendais sur la rive. Nous avons Tout de même de l’eau jusqu’au dessus des genoux. Après cette baignade glacée il nous fallut vite nous sècher au soleil. Brrrrrrr c’est froid! Quel courage Gérard!

 

So funny! Voici la trace que nous avons laissée sur la neige en glissant façon toboggan. C’est rapide et amusant même si nous usons nos fonds de culottes.

hihihi Youpi Tralala

Bivouac du soir

 

JEUDI 15 JUIN: FORESTER PASS: du mile 770.8 au mile 780.5 Eh oui que 10 miles! Bad day!

Ce matin tout est gelé, comme d’habitude, le temps de plier les tentes et c’est l’onglée.

Dès le début nous sommes coincés par une rivière folle! Pas question de prendre le bouillon! Ce jour là nous sommes 4 marcheurs bloqués sur la rive. Nous ne trouvons pas le passage, s’il y en a un. 2 autres personnes arrivent et trouvent un passage. Nos devons nous déshabiller (ôtons chaussures, chaussettes et pantalons) car nous avons de l’eau jusqu’à la taille. Le courant est fort mais tous passons sans encombre sur l’autre rive, sauf Gérard qui a buté sur une pierre et est tombé à l’eau. Heureusement il est mouillé mais pas blessé. Aucun dégât, ni humain ni matériel.

Moins d’une heure après il nous faudra franchir une seconde rivière en nous déshabillant de nouveau mais avec de l’eau jusqu’aux genoux… choux, cailloux, hiboux…

C’est à cet endroit que la force du courant diminué et daigne nous laisser passer

 

Toute la journée nous redoublons d’efforts pour marcher dans la neige et ne pas nous perdre. Nous naviguons au GPS en faisant des points d’avancée toutes les 10 mn. Comme je l’ai déjà signalé, en forêt la trace est moins visible et s’efface. C’est usant moralement. J’enrage de me perdre😠

L’après-midi c’est à découvert que nous évoluons donc la trace dans la neige est plus marquée. Juste à suivre pour nous mener au plus haut col du PCT: Forester Pass à 4011 mètres. Il fait très chaud. Je bois beaucoup plus que d’habitude. L’air est sec.

Nous apercevons des marmottes.

Puis, vient le mur! L’insurmontable Porester Pass! Jusqu’à présent la montée était aisée (enfin presque, car encore une fois trop de neige) mais maintenant le col se dresse devant nous. Il semble inaccessible. Nous l’atteindrons en grimpant une pente extrêmement raide chaussés de crampons, bâtons rangés, et piolet en main.

A un moment nous atteignons un pierrier sans neige et là je frôle la catastrophe. Mes pieds chassent des pierres qui tombent dans le vide et je manque de chuter avec elles. Le poids du sac m’empêche de me redresser. C’est grâce à la main tendue de Gérard que je m’en sors.

Puis juste avant le haut du col c’est sur un fort dévers que nous évoluons, la neige est molle. Si elle cède c’est la chute assurée et je pense que notre piolet ne nous serait d’aucune utilité pour nous arrêter.

Ces efforts sont récompensés par la magnifique vue en haut du Roi Forester pass et admirons sa cour, les multiples cimes tout autour de lui.

J’ai la certitude d’avoir réussi un exploit. En effet, je n’avais aucune expérience de montagne dans des conditions de neige avant aujourd’hui. Je ne suis pas en train de dire que je suis une héroïne, je dis juste que pour moi la journée fut très, trop, difficile. J’ai vraiment  été effrayée dans le pierrier instable!

Lacs enneigés admirés depuis le col.
Gérard y va en premier
Ne pas regarder en bas, piolet en main pour me retenir si je glisse.
Joie!

A Forester Pass un minuscule chipmunk batifole. Admirable petite vie.

 

Après nous être régalés de cette vue superbe nous entamons la descente là encore raide et de plus dans la neige molle. C’est sur un promontoire que nous établissons notre bivouac. Nous continuerons la descente demain matin sur neige glacée, ainsi nos crampons adhèreront mieux.

Bivouac sur le promontoire cerné de montagnes. Ce soir là nous entendrons la montagne craquer, nous entendons des avalanches mais là où nous campons il ne peut rien nous arriver.
Vue depuis ma tente
Couleurs du soir

 

VENDREDI 16 JUIN: AFTER FORESTER:

du mile 780.5 au mile 788.5 sur le PCT puis 9 miles sur le John Muir Trail pour rejoindre une ville et sortir de cette Sierra Nevada difficile.

Après le lever du jour magique depuis notre éperon rocheux, nous abordons la descente vers la civilisation. Comme prévu la neige est glacée et notre progression facilitée et surtout plus sûre.

Nous prenons même plaisir à glisser sur un toboggan de neige improvisé. En fait c’est Gérard qui a commencé tout à fait par hasard car il a glissé et j’ai suivi. J’en suis quite pour une petite frayeur car au milieu du toboggan il y avait une pierre recouverte de neige qui nous faisait faire un bond.

Dans l’après-midi nous prendrons beaucoup de plaisir à faire d’autres glissades pour gagner du temps. Mon sac à dos appréciera moins car il en ressort avec des trous. En effet, la neige ça brûle. Heureusement ce n’est pas le fond qui a pris mais une poche extérieure. Ouf!

Aujourd’ui nous franchissons d’autres rivières mais sans aucun danger. Nous traversons de nombreux couloirs d’avalanches. L’un d’eux est trèsbrécent. Je ne peux m’enpêcher de lever la tête pour voir si il reste encore de la neige là-haut. Et bien oui. Pourvu que ça tienne. Le spectacle est horrible: nombreux arbres arrachés et où broyés.

Le John Muir Trail n’est pas facile: nombreux up and down, perte de trace dans la neige. Comme nous naviguons au GPS bien souvent nous coupons le tracé qui normalement fait des virages et du coup nous avançons dans des raidillons. Nos muscles souffrent au bout de 4 jours d’efforts. Finalement nous sortons par le col Kearsarge à 11760 pieds. Reste à descendre jusqu’à un parking où nous espérons trouver une voiture pour rallier la ville.

Couleurs du matin depuis notre bivouac
Neige glacée: crampons obligatoires
Le promontoire sur lequel nous avons dormi
La dernière descente de la journée
On devine les lacs turquoises sous la neige
À Kearsarge Pass

 

SAMEDI 17 JUIN: retour à Lone Pine où nous méditons devant une collation bien fraîche sur la suite des événements. C’est de toute façon impossible de continuer à marcher en SN alors nous partons à Ashland en Oregon, et emprunterons le  PCT dans le sens Nord-Sud à partir de la Californie du Nord. Ainsi nous marcherons 400 miles dans ce sens et après la mi juillet serons de retour en Sierra Nevada où normalement la neige aura bien fondue.

Ici tout respire les cowboys et les indiens
Alors que mon frère Christophe lance sa première marque de bière en Bretagne je marque le coup moi aussi

 

DIMANCHE 18 JUIN: repos à Lone Pine

 

LUNDI 19 JUIN:

1) auto-stop Lone Pine – Independence pour récupérer un colis et l’envoyer en France

2) auto-stop Independence – Bishop pour louer une voiture

3) pas de voiture disponible donc auto-stop pour aller à Ashland en Oregon

4) au bout de 10 mn un couple François et Helen nous prennent et nous conseillent plutôt d’aller ce soir à Sacramento pour louer une voiture. Ça tombe bien c’est sur leur route.

Dodo à Sacramento la capitale Californienne.

 

MARDI 20 JUIN: voiture louée, arrivée à Medford près d’Ashland vers 14h45.

Repartons sur le PCT demain😊